Simlimi et Abuja, 29 janvier 2021 – Frustrés par les années des pertes de leur terres, la destruction de leur environnement naturel, et les promesses de réinstallation insatisfaites, les habitants de la Communauté de Similimi dans le nord-est de la Côte d’Ivoire ont porté plainte contre leur gouvernement devant la Cour de justice de la CEDEAO.

Les habitants de Similimi faisaient principalement de la culture d’anacarde et plantaient d’autres arbres fruitiers, des légumineuses et légumes sur des parcelles de terrain avant que la société d’extraction de manganèse Boundoukou Manganèse SA (BMSA), filiale de la société indienne Dharni Sampda, ne commence ses activités dans leur territoire, à quelques mètres des zones habitées. Leurs terres constituant leurs seuls moyens de subsistance, leurs ont été arrachés suite aux activités de la société minière. Leur environnement est perturbé par des fumées de poussières, créant des complications respiratoires, et des terres stériles polluant la qualité de l’eau des rivières, source d’alimentation de la communauté, les rendant impropres à la consommation. Les explosions provoquées par les dynamites utilisées par la compagnie, secouent les habitats et créent des fissures. « Il faisait bon vivre à Similimi, on respirait de l’air pur et buvait une eau claire et saine. Maintenant, tout a été détruit, il ne reste plus rien de Similimi que nous connaissons. Ils ont détruit nos champs, nos lieux d’adoration, pollué nos eaux etc. Cependant, ni le gouvernement, ni la société n’ont pris des mesures concrètes pour pallier nos problèmes. Nous attendons depuis plus de dix ans d’être réinstallés et indemnisés effectivement.», a déclaré Adou Kouamé, chef du village de Similimi.

Les habitants de Similimi ont protesté, avertit la société minière et les autorités gouvernementales ivoiriennes compétentes sur les injustices subies à cause des activités de la compagnie, mais ni lesdites autorités, ni la société n’ont rien fait pour aider la population. « Nous avons envoyé des correspondances aux autorités pour les alerter du danger environnemental que court les habitants, nous nous sommes plaints des dégâts environnementaux, nous avons demandé mainte fois à être réinstallés ailleurs, mais rien. Nous continuons de subir et souffrir des opérations de BMSA. », a dit Kobenan Kra Michel, plaignant et membre du Comité de Développement Local Minier (CDLM).

Plusieurs délégations gouvernementales avaient visité Similimi et reconnu la gravité des conditions dans lesquelles vivent les habitants. Elles ont même reconnu la nécessité urgente de relocaliser le village« Les délégations qui avaient visité Similimi avaient dit que le village est appelé à disparaitre en cas d’extension des excavations de la mine parce que le village se trouve à l’intérieur du périmètre du permis d’exploitation de la compagnie minière. Elles ont fait des promesses mais aucune n’a été tenue » a déclaré Dr. Michel Yoboué, Directeur exécutif du Groupe de Recherche et de Plaidoyer sur les Industries Extractives (GRPIE), ONG de défense des droits des communautés minières ivoiriennes qui accompagne les plaignants.

Les normes internationales et le droit national exigent que le gouvernement ivoirien assure un environnement sain et effectue une réinstallation appropriée pour les populations qui sont affectées par les projets miniers, mais l’Etat a ignoré ces obligations. « Quand leur propre enquête interne a trouvé que BMSA polluait les eaux en 2015, le Ministre des Mines a annulé la décision des autorités du Ministère de l’environnement visant à suspendre les opérations, », a déclaré Me Rashidi Ibitowa, avocat principal des plaignants.  Quand le permis d’opération de BMSA s’est expiré en 2018, le gouvernement l’a renouvelé sans consulter les communautés, malgré les plaintes non résolues.

Les terres stériles crées par BMSA qui se déversent dans les eaux que les habitants consomment causent des diarrhées et autres maux de ventre. L’un des plaignants, Kouakou Kouman Kouamé, qui est père d’un enfant de 6 ans du nom de Richard affirme que son fils est décédé suite à des maux de ventre causés par la consommation de l’eau de la rivière : « Mon fils se plaignait de terribles maux de ventre. Je l’ai emmené au centre de santé de Sapli situé à environ 4 kilomètres de Similimi par la piste. Il a rendu l’âme au centre et le médecin qui l’a soigné affirme que les maux de ventre sont causés par la consommation de l’eau impropre de la rivière. Toute ma famille consomme l’eau parce que nous n’avons pas d’autres sources d’eaux à Similimi. », a déclaré M. Kouamé.

La perte de leurs plantations a causé la perte des moyens de subsistance des habitants de Similimi : « En me prenant ma plantation, ma seule source de revenu, la compagnie BMSA a ruiné ma vie et celle de ma famille », affirme en se lamentant Kouassi Abenan Kra Odette, présidente de l’Association des femmes de Similimi. Et de plus, une récente étude indépendante organisée par le GRPIE démontre que la qualité de l’air à Similimi et dans les autres communautés affectées par la mine n’est pas bonne et pourrait provoquer des maladies respiratoires.

Le GRPIE et le Cabinet d’Avocat SCPA les OSCARS en Côte d’Ivoire se sont associés à Advocates for Community Alternatives (ACA) et le réseau Public Interest Lawyering Initiative for West Africa (PILIWA) pour apporter une assistance aux communautés de Similimi. La Cour de Justice de la CEDEAO, basée à Abuja, est compétente à considérer les revendications des droits de l’homme – tels que les droits à la propriété, santé, et environnement sain soulévés dans cette affaire – contre la Côte d’Ivoire et d’autres gouvernements de l’Afrique de l’Ouest.

 

Contacts de Presse :

Côte d’Ivoire        Dr. Michel Yoboué, Groupe de Recherche et de Plaidoyer des Industries Extractives

                              +225 07 62 35 29|myoboue@gmail.com

                              Me. Rashidi Ibitowa, Avocat des Victimes

                             +225 07 78 1983 | irash917@gmail.com 

International       Me Jonathan Kaufman, Advocates for Community Alternatives

                              +233 55 555 0377| jonathan@advocatesforalternatives.org.

                              Me Prince Chima Williams, Public Interest Lawyering Initiative for West Africa

                             +234 802 364 9890 | princewchima@yahoo.co.uk

—————————————————————————————————————————-

Similimi et Abuja, 29 January 2021 – Frustrated by years of land loss, environmental destruction and stalled promises of relocation, the people of Similimi Community in northeastern Côte d’Ivoire have filed suit against their own government at the ECOWAS Court of Justice.

Similimi residents lived mostly off their cashew and fruit trees and vegetable farms until Boundoukou Manganèse S.A. (BMSA), the subsisidary of Indian minerals company Dharni Sampda, began mining for manganese on village lands, just meters away from heavily populated areas. Their lands – the sole means of subsistence in the village – were torn from them, their natural environment invaded by fumes and dust, and their creeks polluted by toxic tailings.  As a consequence, they suffer respiratory ailments and no longer have clean water to drink.  The company conducts blasting frequently, shaking village homes and cracking their walls.  “It was a good life here in Similimi.  We breathed clean air and drank clear water.  Now everything is destroyed, and nothing is left of the Similimi we knew.  They have destroyed our fields and cultural sites, polluted our waters.  Yet the government and the company have done nothing to solve the problems, and we’re waiting to be relocated and compensated properly,” said Adou Kouamé, Chief of Similimi. 

The people of Similimi alerted the mining company and the local authorities to these infringements of their rights and demanded relocation, but neither the State nor BMSA has taken any steps to assist the affected population.  “We have sent letters to the authorities to inform them of the environmental risks we are running, and we have complained about the environmental spoliation.  But nothing.  We continue to suffer from the operations of BMSA,” said Kobenan Kra Michel, plaintiff and a member of the Local Mining Development Committee.

Several government delegations visited Similimi and recognized the seriousness of the conditions in which the residents were living.  They even acknowledged the need to relocate the village.  “The delegations that visited Similimi said that the village would be swallowed up if the mine were to expand, because Similimi is inside the perimeter of the extraction zone.  They made promises but never kept them,” explained Dr. Michel Yoboué, Executive Director of Groupe de Recherche et de Plaidoyer sur les Industries Extractives (Extractive Industries Research and Advocacy Group, or GRPIE), a group that defends the rights of Ivoirian mining communities and supports the plaintiffs.

International and national legal and human rights standards require the Ivoirian government to ensure a clean living environment and provide for the proper relocation of people affected by mining projects, but the State has flouted these requirements at every turn.  “When their own internal investigation proved that BMSA was polluting the water in 2015, the Ministry of Mines reversed the environmental authorities’ decision to halt operation,” said Rashidi Ibitowa, chief counsel for the Plaintiffs.  When BMSA’s permit expired in 2019, the government granted a renewal without consulting affected communities, and despite all the outstanding complaints.

Tailings from the processing of manganese ore are dumped in the water that the locals consume, causing diarrhea and other stomach ailments.  One of the plaintiffs, Kouakou Kouman Kouamé, is the father of a six-year-old child who died from stomach distress cause by consumption of contaminated river water.  “My son Richard complained of terrible stomach plains, and I took him to the health center at Sapli, about 4 kilometers from Similimi by a foot trail,” said Mr. Kouamé.  “He died at the health center, and the doctor who treated him explained that the stomach ailment was a result of drinking the dirty river water.  My whole family drinks from the river because we have no other source of water in Similimi.”

The loss of farmland has meant a near-complete deterioration of livelihoods for the people of Similimi.  “My farm was my only source of income, and BMSA ruined our family when they took it away from us,” lamented Kouassi Abenan Kra Odette, President of the Similimi Women’s Association.  Meanwhile, a recent independent study sponsored by GRPIE proves that air quality in Similimi and other communities affected by the mine is poor and may cause respiratory ailments.

GRPIE and an Ivoirian law firm, Cabinet d’Avocat SCPA les OSCARS, have teamed up with Advocates for Community Alternatives (ACA) and the Public Interest Lawyering Initiative for West Africa (PILIWA) to represent the people of Similimi.  The ECOWAS Court of Justice, based in Abuja, is empowered to hear human rights claims – such as the property, health, and environmental claims in this case – against Côte d’Ivoire and other West African governments.

 

Press Contacts: 

Côte d’Ivoire        Dr. Michel Yoboué, Groupe de Recherche et de Plaidoyer des Industries Extractives

                              +225 07 62 35 29|myoboue@gmail.com

                               Me. Rashidi Ibitowa, Counsel for the Plaintiffs

                              +225 07 78 1983 | irash917@gmail.com

 International       Jonathan Kaufman, Advocates for Community Alternatives

                              +233 55 555 0377| jonathan@advocatesforalternatives.org.

                              Prince Chima Williams, Public Interest Lawyering Initiative for West Africa

                             +234 802 364 9890 | princewchima@yahoo.co.uk

fr_FRFrench
en_USEnglish fr_FRFrench